Astérisque
Agir & faire valoir ses droits

Quel délai pour déclarer un sinistre ? Le tableau par type

Janine Maurice 20 juillet 2026 5 min
Quel délai pour déclarer un sinistre ? Le tableau par type — illustration de l'article

Le délai pour déclarer un sinistre à votre assureur est fixé par l’article L113-2 du Code des assurances : cinq jours ouvrés pour la plupart des sinistres, deux jours ouvrés en cas de vol, et trente jours après la publication de l’arrêté pour une catastrophe naturelle. Ces durées sont des minimums légaux, elles courent dès l’instant où vous avez connaissance du sinistre, et les dépasser peut, dans certains cas, vous coûter votre indemnisation. Voici le tableau complet, type par type.

À retenir

  • Sinistre courant (dégât des eaux, incendie, bris de glace) : 5 jours ouvrés.
  • Vol : 2 jours ouvrés — le délai le plus court, avec la mortalité du bétail (24 h).
  • Catastrophe naturelle : 30 jours après la publication de l’arrêté au Journal officiel — et non plus 10 jours depuis 2023.
  • Le délai court dès que vous avez connaissance du sinistre (article L113-2).
  • Un retard n’entraîne une déchéance que si l’assureur prouve qu’il lui a causé un préjudice.

Quel est le délai pour déclarer chaque type de sinistre ?

Tout part du même texte : l’article L113-2 du Code des assurances fixe un délai minimal que votre contrat ne peut pas raccourcir. Trois durées à retenir, plus deux cas particuliers.

Type de sinistreDélai de déclarationPoint de départ
Vol2 jours ouvrésDès la découverte du vol
Mortalité du bétail24 heuresDès la constatation
Dégât des eaux, incendie, bris de glace, tempête…5 jours ouvrésDès que vous avez connaissance du sinistre
Catastrophe naturelle30 joursAprès publication de l’arrêté au Journal officiel

Sources : Légifrance – article L113-2 et service-public.fr. Mis côte à côte, l’écart saute aux yeux : le vol et la mortalité du bétail exigent une réaction quasi immédiate, quand la catastrophe naturelle laisse un mois entier.

Délai maximal pour déclarer un sinistre, par type Mortalité du bétail 24 heures, vol 2 jours ouvrés, sinistre courant 5 jours ouvrés, catastrophe naturelle 30 jours après l'arrêté. 24 h Bétail 2 j Vol 5 j Courant 30 j Cat. nat.
Délai maximal pour déclarer un sinistre, par type (article L113-2 du Code des assurances ; 30 jours pour la catastrophe naturelle). Vol, bétail et sinistre courant sont comptés en jours ouvrés. Sources : Légifrance et service-public.fr.

Pour un vol, n’oubliez pas que le dépôt de plainte au commissariat est une démarche distincte de la déclaration à l’assureur : les deux se font en parallèle. Voyez notre guide pour déclarer un sinistre étape par étape.

À partir de quand le délai commence-t-il à courir ?

Pas à la date du sinistre, mais au jour où vous en prenez connaissance. Une fuite derrière un meuble, un cambriolage découvert au retour de vacances : le compteur démarre au moment où vous constatez les faits, pas avant.

Attention à l’unité de temps, car elle change selon le sinistre. Pour le vol, la mortalité du bétail et les sinistres courants, la loi compte en jours ouvrés — on écarte donc les dimanches et jours fériés. Pour la catastrophe naturelle, les 30 jours sont des jours calendaires, décomptés à partir de la parution de l’arrêté. Un même mot, « jour », ne recouvre pas la même réalité d’un cas à l’autre. Ces règles se déclinent ensuite selon le contrat : voyez le délai de déclaration d’un accident de voiture et la marche à suivre pour un sinistre habitation.

Pourquoi la catastrophe naturelle a-t-elle un délai à part ?

Parce qu’elle dépend d’une décision de l’État. La garantie catastrophe naturelle ne se déclenche qu’une fois publié, au Journal officiel, l’arrêté interministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle pour votre commune. Tant que cet arrêté n’existe pas, aucun délai ne court — et la garantie ne peut pas jouer.

Une fois l’arrêté paru, vous disposez de 30 jours pour déclarer (service-public.fr). Ce délai a d’ailleurs été allongé : il n’était que de 10 jours auparavant, et il est passé à 30 jours depuis 2023, ce qui laisse plus de marge aux sinistrés. Si vous lisez encore « 10 jours » quelque part, l’information est périmée.

Que risque-t-on à déclarer en retard ?

Le retard peut entraîner une déchéance de garantie — la perte du droit à indemnisation pour ce sinistre — mais ce n’est pas automatique. L’article L113-2 est protecteur : l’assureur ne peut vous l’opposer que s’il démontre que votre retard lui a causé un préjudice (Légifrance), par exemple en l’empêchant de constater l’ampleur réelle des dégâts. Et en cas de force majeure ou de cas fortuit, le retard est excusé.

En pratique, ne pariez pas là-dessus : un dossier déclaré tard part toujours affaibli. Déclarez dès que possible, quitte à compléter ensuite avec devis et photos. Et si l’assureur brandit un peu vite la déchéance, rappelez-vous que la charge de la preuve du préjudice pèse sur lui.

Les délais peuvent-ils être prolongés ?

Oui. Les durées fixées par la loi sont des planchers, pas des plafonds : votre contrat peut prévoir des délais plus longs en votre faveur, jamais plus courts. Les parties peuvent aussi convenir d’une prolongation. Un dernier repère, à ne pas confondre avec le délai de déclaration : une fois le sinistre déclaré, vous disposez en principe de deux ans pour agir contre l’assureur — c’est la prescription biennale. Vérifiez toujours vos conditions générales, elles seules fixent le détail applicable à votre contrat.

Astérisque vous rappelle quoi déclarer, et dans quel délai, le jour d’un sinistre. Voir les alertes d’échéances.

Ce guide fait partie de notre dossier pour agir et faire valoir vos droits.

Questions fréquentes

Quel délai pour déclarer un vol ?

Deux jours ouvrés à compter du moment où vous avez connaissance du vol. C’est le délai le plus court, prévu par l’article L113-2 du Code des assurances. Pensez aussi à déposer plainte rapidement.

Quel délai pour un dégât des eaux ?

Cinq jours ouvrés. Ce délai s’applique à la plupart des sinistres habitation, comme le dégât des eaux, l’incendie ou le bris de glace. Il court à partir du moment où vous constatez le sinistre.

Quel délai pour une catastrophe naturelle ?

Trente jours à compter de la publication au Journal officiel de l’arrêté interministériel constatant l’état de catastrophe naturelle. Sans cet arrêté, la garantie catastrophe naturelle ne peut pas jouer.

Que risque-t-on à déclarer hors délai ?

Une déchéance de garantie, mais seulement si l’assureur prouve que le retard lui a causé un préjudice. Le retard ne fait pas perdre automatiquement le droit à indemnisation, mais il fragilise votre dossier.

Les délais peuvent-ils être allongés ?

Oui. Les délais fixés par la loi sont des minimums, que le contrat peut allonger en votre faveur. Les parties peuvent aussi convenir d’une prolongation. Vérifiez vos conditions générales.

Reprenez le pouvoir sur vos assurances.

Gagnez en clarté, en temps et en confiance. Des contrats enfin lisibles,
des décisions enfin simples

Commencer maintenant Aperçu du tableau de bord Astérisque