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Loi Hamon contre loi Chatel : laquelle s'applique ?

Janine Maurice 20 juillet 2026 5 min
Loi Hamon contre loi Chatel : laquelle s'applique ? — illustration de l'article

La loi Hamon (article L113-15-2 du Code des assurances) permet de résilier votre contrat à tout moment, sans frais ni pénalités, une fois passé un an. La loi Chatel, elle, se joue autour de l’échéance annuelle : elle oblige l’assureur à vous rappeler la date limite de résiliation et vous accorde un délai de secours s’il vous prévient trop tard. Les deux ne s’opposent pas, elles se complètent. La règle tient en une ligne : avant un an, pensez Chatel ; après un an, utilisez Hamon.

À retenir

  • Loi Hamon (L113-15-2) : résiliation libre, sans frais ni pénalités, à tout moment après 1 an de contrat.
  • Loi Chatel (L113-15-1) : l’assureur doit vous rappeler la date limite de résiliation à chaque avis d’échéance.
  • Avis envoyé trop tard ? Vous gagnez 20 jours pour dénoncer la reconduction (L113-15-1).
  • Les deux lois coexistent : la loi Hamon n’a jamais remplacé la loi Chatel.
  • En pratique : avant 1 an, pensez Chatel ; après 1 an, utilisez Hamon.

Loi Hamon, loi Chatel : quelle différence ?

On confond souvent ces deux lois, et c’est logique : elles visent le même objectif, quitter un contrat d’assurance. Mais elles n’interviennent ni au même moment, ni sur le même levier.

La loi Chatel agit sur l’information. Elle contraint votre assureur à vous rappeler, à chaque échéance, jusqu’à quand vous pouvez refuser la reconduction tacite du contrat. Son rôle : vous éviter de laisser filer la date sans même le savoir.

La loi Hamon, elle, agit sur la liberté. Une fois le contrat vieux de plus d’un an, elle supprime tout bonnement l’obligation d’attendre l’échéance : vous partez quand vous le décidez, sans avoir à vous justifier. Pour creuser chaque dispositif, consultez nos guides sur la loi Hamon et la loi Chatel.

Tableau comparatif : loi Hamon ou loi Chatel ?

Six critères suffisent à les départager — le moment, l’ancienneté exigée, le préavis et la base légale en tête.

CritèreLoi HamonLoi Chatel
Base légaleArticle L113-15-2 du Code des assurancesArticle L113-15-1 du Code des assurances
Quand l’utiliserÀ tout moment après 1 anAutour de chaque échéance annuelle
Ancienneté requisePlus de 12 moisDès la 1ʳᵉ échéance
Ce qu’elle changeRésiliation libre, sans motif ni fraisOblige l’assureur à rappeler la date limite
Préavis / délaiPrise d’effet 1 mois après notification20 jours après l’avis, s’il est tardif
Contrats visésAuto, moto, habitation, affinitairesContrats à tacite reconduction
Quand utiliser la loi Chatel et la loi Hamon Autour de la première échéance annuelle, la loi Chatel s'applique. Après un an de contrat, la loi Hamon permet de résilier à tout moment. Loi Chatel Loi Hamon Souscription 1 an — échéance au-delà
Deux lois, deux moments : la loi Chatel se joue autour de l'échéance annuelle, la loi Hamon prend le relais dès un an de contrat. Source : articles L113-15-1 et L113-15-2 du Code des assurances (Légifrance).

Quand la loi Hamon est-elle la plus simple ?

Dès que votre contrat dépasse un an, la loi Hamon est presque toujours la voie la plus directe. Fini la date d’échéance à surveiller ou l’avis à décortiquer : vous résiliez quand vous le décidez, et la résiliation prend effet un mois après que l’assureur a reçu votre notification, sans le moindre frais (article L113-15-2 du Code des assurances).

Et pour les assurances obligatoires, c’est encore plus confortable. En auto comme en habitation, c’est votre nouvel assureur qui accomplit les formalités à votre place et garantit la continuité de la couverture pendant la bascule (L113-15-2). Vous n’avez, concrètement, rien à faire. Les étapes sont détaillées dans notre guide sur les modalités de résiliation en loi Hamon.

Quand la loi Chatel reste-t-elle utile ?

La loi Chatel garde deux usages précieux. Le premier : avant le premier anniversaire du contrat, cette période où la loi Hamon ne s’applique pas encore. Le second : lorsque l’assureur vous prévient trop tard.

C’est là son mécanisme le plus protecteur. L’assureur doit vous adresser, avec chaque avis d’échéance, un rappel de la date limite de résiliation. S’il envoie cet avis moins de quinze jours avant cette date — ou carrément après —, vous disposez alors de 20 jours à compter de son envoi pour dénoncer la reconduction (article L113-15-1 du Code des assurances). Et s’il a purement oublié de vous informer ? Vous pouvez résilier à tout moment, sans pénalité, à compter de la date de reconduction.

Et pour la mutuelle santé ?

Ici, ni Hamon ni Chatel ne sont la voie royale. Pour la complémentaire santé, c’est la résiliation infra-annuelle qui prime : depuis le 1er décembre 2020, elle autorise à changer de mutuelle à tout moment après un an, sans frais, dans des conditions très proches de la loi Hamon (loi n° 2019-733 du 14 juillet 2019). La loi Chatel, elle, reste un filet de sécurité en cas de défaut d’information. La marche à suivre est détaillée dans nos guides changer de mutuelle et loi Hamon et mutuelle.

Faut-il choisir selon l’ancienneté du contrat ?

Oui — c’est même le seul critère qui compte vraiment. La bonne loi dépend avant tout de l’âge de votre contrat. Trois cas de figure reviennent sans cesse.

Votre situationLoi à utiliser
Contrat de 8 mois, vous voulez partirLoi Chatel, en jouant sur l’avis d’échéance
Contrat de 14 mois, vous voulez partirLoi Hamon, résiliation libre immédiate
Avis d’échéance reçu trop tardLoi Chatel, 20 jours pour dénoncer

La règle à retenir : passé le premier anniversaire, la loi Hamon est presque toujours la plus rapide, car elle ne dépend d’aucune date. C’est exactement le type d’arbitrage qu’un audit de vos contrats remet à plat chaque année.

Quelle est l’erreur à ne pas commettre ?

Beaucoup d’assurés attendent l’échéance par réflexe, alors que leur contrat a déjà soufflé sa première bougie. À la clé : des mois perdus à patienter pour rien. Si votre contrat dépasse douze mois, ne cherchez plus la bonne date — il n’y en a plus. La loi Hamon vous laisse partir tout de suite.

Astérisque repère pour vous la bonne fenêtre de résiliation. Voir comment fonctionnent les alertes d’échéance

Ce guide fait partie de notre dossier complet pour optimiser vos contrats d’assurance.

Questions fréquentes

Loi Hamon ou loi Chatel : laquelle est la plus avantageuse ?

Après un an de contrat, la loi Hamon est plus simple : elle permet de résilier à tout moment, sans condition de date. La loi Chatel reste utile avant le premier anniversaire, ou pour sanctionner un assureur qui vous a informé trop tard de l’échéance.

Peut-on cumuler la loi Hamon et la loi Chatel ?

Vous ne les utilisez pas en même temps, mais selon le moment. Avant un an, c’est la loi Chatel. Après un an, la loi Hamon prend le relais et devient le moyen le plus direct de résilier.

La loi Chatel existe-t-elle encore depuis la loi Hamon ?

Oui. La loi Hamon n’a pas remplacé la loi Chatel. Les deux coexistent : Chatel encadre l’information à l’échéance, Hamon ouvre la résiliation libre après un an. Chacune couvre une situation différente.

Quelle loi pour résilier sa mutuelle santé ?

Ni l’une ni l’autre n’est la voie principale : pour la mutuelle, c’est la résiliation infra-annuelle (depuis décembre 2020) qui permet de partir à tout moment après un an. La loi Chatel reste un filet de sécurité en cas de défaut d’information.

Si mon contrat a plus d’un an, dois-je encore me soucier de la loi Chatel ?

En général non. Passé un an, la loi Hamon vous permet de résilier à tout moment, sans dépendre de l’avis d’échéance. La loi Chatel ne redevient utile que si vous voulez résilier exactement à l’échéance et que l’assureur vous a informé en retard.

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