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Assurance professionnelle

Assurances obligatoires en micro-entreprise : le guide

Janine Maurice 20 juillet 2026 5 min
Assurances obligatoires en micro-entreprise : le guide

En micro-entreprise, aucune assurance n’est imposée par le statut lui-même : ce sont vos activités qui déclenchent les obligations. Une responsabilité civile professionnelle (RC Pro) devient obligatoire si votre métier est réglementé, une garantie décennale si vous réalisez des travaux de construction, et une assurance dédiée si un véhicule sert à votre activité. En dehors de ces cas — consultant, graphiste, rédacteur… —, la loi n’exige rien, mais rester non assuré revient à jouer votre patrimoine personnel à chaque contrat.

À retenir

  • Aucune assurance n’est liée au statut : tout dépend de votre activité.
  • RC Pro obligatoire pour les activités réglementées — santé, droit, immobilier, sport… (service-public.fr).
  • Garantie décennale obligatoire dans le bâtiment, dès l’ouverture du chantier.
  • Pour ces métiers, l’assurance doit figurer sur les devis et factures (Code des assurances, art. L243-2).
  • Défaut d’assurance décennale : jusqu’à 75 000 € d’amende et 6 mois de prison (art. L243-3).

Existe-t-il une assurance obligatoire propre au statut de micro-entrepreneur ?

Non. Aucune assurance ne s’impose au seul motif que vous êtes micro-entrepreneur. Ce sont les activités qui créent les obligations, pas la case administrative. Un rappel qui évite bien des confusions : micro-entreprise et auto-entreprise désignent le même statut depuis 2016 — les obligations d’assurance sont donc rigoureusement identiques, quel que soit le mot employé.

La bonne question n’est donc pas « suis-je auto-entrepreneur ? », mais « qu’est-ce que je fais, et pour qui ? ». C’est la nature de votre métier qui décide, et elle seule.

Quelles assurances sont réellement obligatoires en micro-entreprise ?

Trois situations rendent une assurance obligatoire, et elles seules. Si vous exercez une activité réglementée, vous devez souscrire une responsabilité civile professionnelle avant même de démarrer (service-public.fr). Si vous réalisez des travaux de construction, la garantie décennale s’impose. Et si un véhicule sert à votre activité, il doit être assuré pour cet usage.

Assurance obligatoireQui est concernéCe qu’elle couvre
RC professionnelleActivités réglementées : santé, droit, immobilier, intermédiaires en assurance, agences de voyage, activités sportives…Les dommages causés aux tiers dans l’exercice du métier
Garantie décennaleMétiers du bâtiment et de la constructionLes désordres compromettant l’ouvrage, pendant 10 ans
Assurance du véhiculeVéhicule utilisé à titre professionnel (livraison, transport de personnes ou de marchandises)La responsabilité civile liée à la circulation

La décennale mérite une vigilance particulière : elle est due dès l’ouverture du chantier, et pas seulement pour le gros œuvre. Beaucoup de métiers du bâtiment en auto-entreprise — maçon, plaquiste, plombier, électricien, carreleur — y sont soumis sans toujours le savoir.

Faut-il mentionner son assurance sur les devis et factures ?

Oui, et c’est une obligation que beaucoup ignorent. Les professionnels soumis à l’assurance construction obligatoire doivent joindre leur attestation d’assurance à leurs devis comme à leurs factures (Code des assurances, art. L243-2). Le document précise les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique du contrat.

Ce n’est pas une formalité de façade. Pour votre client, c’est la preuve que vous êtes couvert ; pour vous, l’attestation de RC Pro ou de décennale est souvent la pièce qui déclenche — ou bloque — la signature.

Activité de services : quelles assurances quand rien n’est obligatoire ?

Vous êtes consultant, développeur, graphiste, coach ? Aucune obligation légale ne pèse sur vous. Mais « pas obligatoire » ne signifie pas « inutile ». Une erreur d’appréciation, un conseil mal interprété, un livrable en retard qui fait perdre un marché à votre client : la mise en cause peut tomber dès le premier contrat.

C’est pourquoi la RC Pro reste fortement recommandée, même sans obligation (service-public.fr). Et dans les faits, de nombreux donneurs d’ordre l’exigent avant de vous confier une mission. Pour trier ce qui vaut vraiment le coup, notre guide des assurances utiles à l’indépendant fait le point.

Faut-il assurer son local de travail ?

Tout dépend d’où vous travaillez. Si vous louez un local professionnel, le bail impose presque toujours une assurance multirisque couvrant les murs et leur contenu. Si vous exercez chez vous, méfiance : votre assurance habitation exclut fréquemment l’usage professionnel du domicile. Un client qui se blesse pendant un rendez-vous, un stock qui part en fumée… et vous découvrez que rien n’était couvert. Un simple appel à votre assureur lève le doute — mieux vaut le passer avant le sinistre qu’après.

Que risque un micro-entrepreneur non assuré ?

Là encore, tout dépend de l’activité. Dans le bâtiment, l’absence de décennale est un délit : jusqu’à 75 000 € d’amende et 6 mois d’emprisonnement (Code des assurances, art. L243-3). Pour une profession réglementée, le défaut d’assurance expose à des sanctions pénales et disciplinaires propres à chaque secteur.

Pour toutes les autres activités, la loi ne prévoit rien… mais l’addition peut être bien plus lourde qu’une amende. En micro-entreprise, votre responsabilité est en principe illimitée : sans assurance, c’est votre patrimoine personnel qui répond des dommages causés à un tiers. Le panorama des obligations d’assurance d’une entreprise montre d’ailleurs que ce raisonnement vaut pour toutes les formes juridiques, du micro au grand groupe.

Astérisque vous aide à distinguer ce qui est vraiment obligatoire pour votre activité — et ce qui ne l’est pas. Voir la solution auto-entrepreneur.

Ce guide fait partie de notre dossier complet sur l’assurance professionnelle.

Questions fréquentes

Quelles assurances sont obligatoires en micro-entreprise ?

Cela dépend de l’activité. La RC Pro est obligatoire si l’activité est réglementée, la décennale si vous réalisez des travaux de bâtiment, et l’assurance des véhicules si vous en utilisez à titre professionnel. Sinon, aucune assurance n’est imposée.

Un micro-entrepreneur de services doit-il une assurance ?

Pas d’obligation légale si l’activité n’est pas réglementée. Mais une RC Pro reste vivement conseillée, et de nombreux clients l’exigent avant de signer. Le risque d’une mise en cause existe dès le premier contrat.

Micro-entreprise et auto-entreprise, est-ce différent pour l’assurance ?

Non, c’est le même statut depuis 2016. Les obligations d’assurance sont identiques et dépendent uniquement de la nature de votre activité, pas de l’appellation employée.

Faut-il assurer son local en micro-entreprise ?

Si vous louez un local professionnel, le bail peut l’exiger via une multirisque. Si vous travaillez chez vous, vérifiez que votre assurance habitation couvre l’usage professionnel, souvent exclu par défaut.

Que risque un micro-entrepreneur non assuré ?

Pour une activité réglementée ou du bâtiment, de lourdes sanctions, jusqu’à 75 000 euros d’amende. Pour les autres, pas de sanction, mais une exposition totale de son patrimoine en cas de dommage causé à un tiers.

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