RC Pro auto-entrepreneur : obligatoire ou pas ?
La RC Pro n’est obligatoire pour un auto-entrepreneur que si son activité est réglementée : santé, bâtiment, droit, immobilier, sport, tourisme, sécurité ou transport. Pour toutes les autres — conseil, services, création, artisanat hors bâtiment —, aucune loi ne l’impose, mais elle reste vivement conseillée : en cas de dommage causé à un client, c’est vous qui indemnisez, sur vos propres deniers. Et l’enjeu n’a rien de théorique : dans le bâtiment, exercer sans garantie décennale expose à 75 000 € d’amende et six mois d’emprisonnement (service-public.gouv.fr).
À retenir
- La RC Pro est obligatoire si votre activité d’auto-entrepreneur est réglementée, seulement recommandée pour les autres.
- Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur, c’est le même statut : ce qui compte, c’est la nature de l’activité, pas le nom.
- Une activité réglementée non assurée expose à l’interdiction d’exercer ; dans le BTP, le défaut de décennale coûte jusqu’à 75 000 € d’amende et 6 mois de prison.
- Assuré ou non, vous répondez des dommages que vous causez, sur votre patrimoine.
- Beaucoup de clients exigent une attestation de RC Pro avant de signer.
Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur : est-ce la même chose ?
Levons d’emblée une confusion fréquente. Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent exactement le même régime : les deux termes ont fusionné et « micro-entrepreneur » est aujourd’hui l’appellation officielle. Vos obligations d’assurance ne dépendent donc pas du mot que vous employez, mais d’un seul critère : la nature de votre activité.
Concrètement ? Un développeur web et un plombier sont tous deux auto-entrepreneurs. Pourtant, le premier peut travailler sans aucune assurance, tandis que le second ne peut pas poser une seule canalisation sans garantie décennale. Tout se joue là.
Quand la RC Pro est-elle obligatoire ?
La règle tient en une phrase : dès que votre activité est réglementée, vous devez souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (service-public.gouv.fr). Le service public le confirme noir sur blanc pour le micro-entrepreneur, avec plusieurs cas où l’assurance devient incontournable : la RC pro médicale dans la santé, la garantie décennale dans le bâtiment, ou encore l’assurance du véhicule utilisé à titre professionnel.
Au-delà de ces exemples, le même principe vaut pour toutes les professions dont l’accès est encadré par un texte. Le tableau ci-dessous récapitule les grands secteurs concernés.
| Secteur d’activité | Assurance imposée | Obligatoire ou recommandée ? |
|---|---|---|
| Santé (infirmier, praticien…) | RC pro médicale | Obligatoire |
| Bâtiment / BTP (maçon, plombier, électricien…) | Garantie décennale | Obligatoire |
| Droit (professions juridiques réglementées) | RC pro | Obligatoire |
| Immobilier (agent, loi Hoguet) | RC pro | Obligatoire |
| Sport (éducateur, exploitant d’établissement) | RC pro | Obligatoire |
| Tourisme (agent de voyage, organisateur de séjours) | RC pro | Obligatoire |
| Sécurité privée (agent, société de gardiennage) | RC pro | Obligatoire |
| Transport (véhicule professionnel) | Assurance du véhicule | Obligatoire |
| Intermédiaires (assurance, finance, courtage) | RC pro | Obligatoire |
| Conseil, services, création, artisanat hors bâtiment (consultant, graphiste, coach…) | RC pro | Recommandée |
Cette liste n’est pas exhaustive : c’est le texte propre à chaque profession réglementée qui fixe l’obligation (service-public.gouv.fr). Pour savoir précisément ce que le vôtre impose, notre guide RC pro selon votre métier passe les activités en revue une par une. Et si vous relevez du bâtiment, la garantie décennale de l’auto-entrepreneur mérite un point à part.
Quand la RC Pro est-elle seulement recommandée ?
Pour toutes les activités non réglementées — conseil, prestations de services, création, artisanat hors bâtiment —, aucune loi ne vous oblige à vous assurer. Le service public est explicite : dans ces cas, la protection est recommandée, pas imposée (service-public.gouv.fr).
« Recommandée » ne veut pas dire « accessoire ». Un fichier client perdu, un conseil qui tourne mal, un ordinateur renversé chez un client : la note peut vite dépasser plusieurs mois de chiffre d’affaires, et c’est vous qui la réglez. La responsabilité civile professionnelle prend alors le relais. Elle forme d’ailleurs le socle d’une multirisque professionnelle, qui y ajoute la protection de votre matériel et de vos locaux.
Que risque un auto-entrepreneur sans assurance obligatoire ?
Exercer une activité réglementée sans l’assurance imposée n’a rien d’une simple négligence administrative. Les conséquences se cumulent :
- Des sanctions pénales. Dans le bâtiment, le défaut de garantie décennale est puni de six mois d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende (article L243-3 du Code des assurances) (service-public.gouv.fr).
- L’interdiction ou la suspension d’exercer. Pour la plupart des professions réglementées, l’attestation d’assurance conditionne le droit d’exercer : sans elle, pas d’inscription, ou un retrait à la clé.
- La réparation à votre charge. Assuré ou non, vous restez responsable des dommages que vous causez à autrui. Sans assureur pour prendre le relais, l’indemnisation sort de votre poche — et une seule erreur peut coûter plus cher que des années de cotisations.
Ces risques ne concernent pas que les métiers réglementés : pour les autres, l’obligation légale disparaît, mais la responsabilité, elle, reste entière.
Un client peut-il exiger une attestation de RC Pro ?
Oui, et c’est même très courant. Même quand la loi ne vous impose rien, beaucoup de donneurs d’ordre — agences, plateformes, entreprises clientes — réclament une attestation de RC pro avant de vous confier une mission. L’assurance devient alors une condition purement commerciale : pas d’attestation, pas de contrat. Une raison de plus de souscrire, même sans y être légalement tenu.
Combien coûte une RC Pro pour un auto-entrepreneur ?
Pour une activité de services à faible risque, une RC pro démarre souvent autour de quelques dizaines d’euros par mois. Le tarif dépend surtout de votre métier, de votre chiffre d’affaires et des garanties retenues : un couvreur et un rédacteur web ne paient évidemment pas la même prime. Notre guide tarif de la RC pro détaille les fourchettes selon l’activité.
Astérisque vous aide à savoir ce que votre activité impose vraiment — obligation ou simple recommandation — et à lire vos garanties en langage clair. Voir la solution auto-entrepreneur.
Ce guide fait partie de notre dossier complet sur l’assurance professionnelle.
Questions fréquentes
La RC Pro est-elle obligatoire pour un auto-entrepreneur ?
Seulement si l’activité est réglementée : santé, bâtiment, immobilier, conseil financier, intermédiaires. Dans ces cas, l’obligation s’applique pleinement. Pour les activités non réglementées, la RC Pro est recommandée mais pas légalement imposée.
Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur, est-ce pareil pour la RC Pro ?
Oui. Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent le même statut depuis 2016. Les règles d’assurance sont identiques : ce qui compte, c’est la nature de l’activité, pas l’appellation.
Que risque un auto-entrepreneur sans RC Pro obligatoire ?
Pour une activité réglementée, l’absence de RC Pro peut entraîner l’interdiction d’exercer et des sanctions disciplinaires ; dans le bâtiment, le défaut d’assurance décennale est puni jusqu’à 75 000 euros d’amende (art. L243-3 du Code des assurances). Et dans tous les cas, le professionnel répond des dommages sur son propre patrimoine.
Un consultant ou graphiste auto-entrepreneur doit-il une RC Pro ?
Pas d’obligation légale, car ces activités ne sont pas réglementées. Mais une erreur de prestation peut être coûteuse, donc la RC Pro reste vivement conseillée, souvent pour quelques dizaines d’euros par mois.
Un client peut-il exiger une RC Pro ?
Oui, fréquemment. Même sans obligation légale, de nombreux donneurs d’ordre exigent une attestation de RC Pro avant de signer. Elle devient alors une condition commerciale pour décrocher le contrat.